Tout passe, sauf le passé KWKWKW BOOKMOBI d k ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ˦ Û¦ ë¦ û¦ ¦ ¦ +¦ ;¦ K¦ [¦ k¦ {¦ ‹¦ ›¦ «¦ »¦ ¬j j MOBI ýéwb_0
TOUT PASSE,
SAUF LE PASSé
LUC HUYSE
Publié par AWEPA, 2009
http://www.awepa.org
Titre original : Alles gaat voorbij, behalve het verleden
© Luc Huyse & Van Halewyck (2006)
Éditeur original : Van Halewyck, Leuven (Belgique), 2006
Traduction : Haasl BVBA
© de la traduction française : Luc Huyse (2009)
Photo de la couverture : Corbis
Conception de la couverture : Filip Coopman
Imprimé en Belgique par New Goff, Mariakerke
ISBN : 978 90 5617 954 0
PRÉFACE
Une guerre civile, une répression brutale, l’apart-heid : ça ne meurt jamais complètement. Le chagrin que ces tragédies causent et les questions restées sans réponse hantent l’esprit de ceux qui ont survécu. Ils habitent, telle une douleur fantôme, le corps de ceux qui viennent après eux, de leurs enfants et des enfants de leurs enfants.
L’auteur de Tout passe, sauf le passé relate comment, de l’Argentine au Zimbabwe, des hommes et des femmes luttent contre une douleur qui ne veut pas les quitter. En Éthiopie, il suit le procès du dictateur Mengistu ; en ex-Yougoslavie, il écoute les survivants d’un massacre ; en Espagne, il voit comment on ‘enterre’ une nouvelle fois Franco ; en Afrique du Sud, il s’entretient avec les membres de la commission de vérité ; enfin, il s’interroge sur les raisons du succès de ces mères et grands-mères argentines de la Place de Mai. Apprivoiser le passé, c’est cela qui compte à chaque fois. Et, si possible, mettre du baume au cœur de ceux qui vivent aujourd’hui et demain. Mais ce qui semble passé ne passe pas.
Ce livre se lit aussi comme le récit d’une expédition personnelle en terre inconnue. L’auteur s’appuie sur les expériences qui ont été accumulées dans les pays (plus particulièrement, la Belgique, la France et les Pays-Bas) qui, après la seconde guerre mondiale, ont été confrontés au douloureux héritage de l’occupation allemande. Avec cette histoire comme toile de fond, il examine les défis auxquels sont confrontées tant de sociétés ailleurs dans le monde.
Tout passe, sauf le passé n’est pas un ouvrage académique. Il ne comporte pas de notes, presque pas de jargon. Ce rapport est composé comme un guide pratique qui sera présenté aux sociétés qui sont confrontées à un passé de guerre et de répression. Il sera distribué gratuitement aux parlementaires, aux leaders de la société civile ainsi qu’aux journalistes de ces pays. L’AWEPA (l’Association des parlementaires européens pour l’Afrique) utilisera cette publication pour des actions de renforcement des institutions en Afrique. Cette organisation travaille en coopération avec des parlements sur ce continent. Elle pense que des parlements forts constituent des conditions préalables essentielles au développement de l’Afrique car ils contribuent à la paix, à la stabilit é et à la prospérité sur ce continent. Les politiques axées sur le traitement de l’héritage des multiples atrocités ont une incidence directe sur la quête de la paix, de la stabilité et de la prospérité. Telle est la raison d’être du présent ouvrage .
La traduction et la diffusion du présent rapport ont été rendues possibles grâce à l’aide du service ‘Consolidation de la Paix’ du Service Public fédéral des Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement. L’AWEPA et Luc Huyse en remercient chaleureusement l’Ambassadeur Luc Teirlinck et ses collaborateurs. (L’auteur est seul responsable des opinions exprimées dans cet ouvrage.)
PROLOGUE
Comment un homme en vient-il durant à peu près la moitié d’une vie à lire et à écrire sur le thème des séquelles de la guerre et des misères qui l’accompagnent ? C’est une question que j’ai souvent l’occasion d’entendre. Le divan du psychiatre pourrait peut-être mettre au jour un événement s’étant produit au cours des journées de septembre 1944. La ville belge où je vivais était libérée. Maman entendait dire par les voisins que l’on était en train de piller les maisons de Belges partisans des Allemands. Il y avait bien quelque chose à chiper disait-elle : du beurre, du charbon, des chandails en laine. Ainsi, mon père m’a emmené, je n’avais pas encore sept ans, où la manne était à ramasser. Je m’en souviens : un trottoir où des meubles, des livres, des marmites et des poêles étaient jetés sur la rue, et les propriétaires, hagards, attendant ce qui pouvait encore arriver. Papa a trouvé deux tomes d’une encyclopédie française. Des livres, cela avait plus de valeur qu’un peu de lard ou de fromage pour le typographe qu’il était. Une fois de retour, maman lui a demandé comment elle devait cuire ce papier. Mes souvenirs de libération à moi et une paire de livres, est-ce en cela que réside une partie de l’explication ?
Ou bien cette fascination a-t-elle des racines encore plus profondes ? J’entendais parfois la guerre en plein milieu de mes cours. C’est le premier jeudi du mois, il est douze heures et les pompiers de Louvain essaient les sirènes. Un hurlement. L’alerte aérienne. Le garçonnet qui s’enfuyait en pleurant dans la cave, en mai 1944, lorsque sa ville était bombardée presque chaque jour par les Américains, s’éveille quasi instantanément en moi. Où est l’établi en bois de mon père sous lequel on pouvait se cacher avec tant de confiance ? Je me suis arrêté au beau milieu d’une phrase pendant mon cours. Je vois des visages étonnés, aussi je demande à mes étudiants s’ils connaissent le bruit qui pénètre par les fenêtres ouvertes. Mais aucun d’eux n’a même entendu les sirènes.
Chaque guerre survit sous d’innombrables aspects. Dans la littérature, des films, des monuments, des musées, des cimetières, des commémorations. Mais, plus important encore, elle s’incruste dans nos sens, comme le hurlement des sirènes me l’a fait éprouver si souvent. Et elle se cache dans le paysage et manifeste encore sa présence de temps à autre. À moi également. Juste à côt&